Les installateurs, clé de voute des transitions énergétiques

Les panneaux photovoltaïques fleurissent sur les toits en Europe et dans le monde mais, dans le cas des installations intégrées, combien de problèmes d’étanchéité ont été causés par cette installation ?

Nous construisons désormais dans de nombreux pays des logements très bien isolés mais combien de fois n’atteignons-nous pas les performances énergétiques promises ?

Nous nous reposons de plus en plus sur des automatismes, de régulation, par exemple, pour optimiser la consommation énergétique de nos installations de chauffage ou de climatisation. Combien de fois avons-nous ressenti une perte de confort pour peu d’économies ?

Le point commun à toutes ces histoires ? une installation mal maîtrisée.

Les transitions énergétiques représentent un tel potentiel d’activité que l’industrie foisonne de nouvelles solutions et de nouveaux produits, souvent très performants. Mais, quelle valeur ont ces produits si les spécifications d’installation ne sont pas respectées ?

Les installateurs sont donc au centre des transitions énergétiques et on observe quelquefois chez eux deux formes d’incompétence.

  • Une incompétence volontaire, une forme d’éco-délinquance : le boom des transitions énergétiques est une promesse d’argent facile, qui attire des acteurs peu soucieux de qualité. Les subventions sont probablement dépensées par les consommateurs avec moins de vigilance : de manière crapuleuse, on leur propose donc 100% d’autoconsommation et la fin des factures énergétiques, aussi facilement que des PACs air-air à plus de 1000 m d’altitude.
  • Une incompétence involontaire, par ignorance, car il est difficile d’être à la page dans un monde aussi bouillonnant que celui de l’énergie et certains se sentent capables de tout installer dès lors qu’ils sentent une vague proximité entre leurs compétences et le travail à réaliser.

Les conséquences sont graves car au-delà des sinistres causés par ces installateurs défectueuses, c’est la crédibilité et l’image des nouvelles technologies et donc des transitions énergétiques qui sont entamées. 

Les voisins d’une « victime » sont toujours réticents à s’engager eux-mêmes car ces situations, heureusement pas majoritaires, sont celles qui marquent davantage et que le public garde en mémoire : le déploiement des transitions s’en trouve considérablement ralenti.

Le secteur résidentiel est probablement le plus exposé à ces risques, de par son caractère diffus, la faible taille des installateurs et son niveau d’information souvent réduit.

Tous les acteurs ont un fort intérêt à agir et à développer la formation des installateurs, à structurer la sanction de ces formations par des agréments ou des autorisations et à rendre public et visible le niveau atteint par chacun grâce à des certifications ou des labels de plus en plus poussés, pour gagner la confiance des consommateurs.

Ainsi, les pouvoirs publics doivent garantir la réussite des transitions énergétiques nationales, les industriels doivent garantir le succès commercial de leurs produits, soit via des associations professionnelles pour éduquer le marché, soit directement en gérant leur propre réseau d’installateurs, les installateurs eux-mêmes pour que les plus performants ne soient pas à leur tour victime des moins bons.

Le point le plus délicat reste, surtout pour le marché résidentiel, d’établir le dispositif le plus efficace pour l’éducation et l’information des consommateurs pour les rendre aptes à détecter les trop nombreux cas d’incompétence volontaire. 

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