Smart meters 3 : sont-ils dangereux pour la santé ?

Le troisième volet de notre saga sur les smart meters nous conduit sur un terrain particulièrement sensible : la santé des consommateurs. A ce propos, les smart meters ont réveillé, dans plusieurs pays, une polémique déjà ancienne, durement alimentée pendant des décennies par les communautés de radio-amateurs : le caractère néfaste et perturbant des ondes électromagnétiques générées par les courants porteurs.

J’ai pu lire au gré des articles :

« Le CPL G3 s’apparente au WiFi et est néfaste pour la santé », « le CPL G3 utilise la bande de fréquence 63 – 95MHz », « les compteurs intelligents nous font vivre dans un bain d’ondes cancérigènes », « les comptes intelligents irradient les passants sur les trottoirs », « les données envoyées sur le courant électrique rayonnent et mettent en danger les habitants ».

Tout d’abord, quelques faits :

  • Il y a courants porteurs et courants porteurs comme il y a technologie radio et technologie radio. Il ne nous vient pas à l’idée de confondre le bluetooth et le GSM. Il en est de même pour les courants porteurs : il y a plusieurs familles de technologies correspondant à des usages et des performances différentes. Elles sont couvertes par des normes différentes. Les courants porteurs utilisés par les compteurs sont des CPL basse fréquence utilisant en Europe une partie de la bande 3-148.5 kHz voire 3-490kHz ; les courants porteurs utilisés par les opérateurs telecom pour connecter un PC ou une TV à une box internet sont des CPL haute fréquence utilisant la bande 2-50MHz. Les perturbations liées aux différentes technologies sont forcément différentes.
  • Des mesures récentes montrent que les émissions électromagnétiques des CPL basse fréquence sont comparables à celles émises par certains appareils de notre vie quotidienne (micro-ondes, aspirateurs) mais plus faibles que les perturbations émises par des CPL haute fréquence (adaptateurs CPL fournis par les opérateurs telecom)
  • Oui, ces perturbations sont mesurables et sont en général mesurées à des distances de 30 à 50cm du câble électrique ; les valeurs à plus de 1 mètre de distance sont très faibles.
  • Je n’ai pas connaissance d’études faisant état de risques santé attachés au CPL basse fréquences. Mais le doute peut persister…

Forts de ces constats, il me semble important de structurer notre perception du sujet afin d’éviter des amalgames trop rapides.

  • Il me semble sain de vouloir prévenir les risques sanitaires : à ce titre, il est probablement souhaitable d’améliorer notre compréhension de l’impact des ondes électromagnétiques sur notre santé et ce, quelle que soit leur origine. Ne soyons pas dupes : d’importants lobbies ont intérêt à entretenir notre méconnaissance du sujet et celui des courants porteurs bas débit n’est pas le plus virulent !
  • Il me semble encore plus sain, dans ce cas, de cibler en priorité les applications générant les risques les plus importants. Dans ce cas, je doute que nous ayons à cibler en priorité les courants porteurs basse fréquence.

En attendant des connaissances plus précises permettant une approche plus objective, il est utile de se rappeler que nous nous posons moins de questions quand nous percevons une forte valeur aux applications émettrices d’ondes électromagnétiques : en effet, qui remet en question les fours à micro-ondes, les réfrigérateurs, les box internet ou les téléphones portables ?

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