La précarité énergétique : quadrature du cercle à résoudre par les villes

En 2010, plus de 13% des ménages français sont considérés en situation de précarité énergétique, c’est à dire consacrent plus de 10% de leur budget aux dépenses liées à l’énergie. Cette situation n’est malheureusement pas propre à la France et la tendance n’est pas à l’amélioration.

Même si, dans la plupart des pays, ce phénomène n’a pas de particularité régionale, les villes et l’échelon local sont particulièrement impliqués dans sa résolution.

Mais pour les villes, cet enjeu s’avère bien délicat : en effet, la précarité énergétique se développe partout sur des terrains peu favorables, au moins pour deux raisons.

  • Les personnes touchées habitent dans des logements anciens dont peu d’entre eux sont rénovés. Ces logements ont de mauvaises, voire très mauvaises, performances thermiques ce qui rend leur chauffage beaucoup plus coûteux que la moyenne.

    Réduire la précarité énergétique impliquerait de déplacer les populations concernées dans des logements plus performants thermiquement ou de profondément rénover les logements qu’ils occupent. Dans les deux cas, les solutions sont extrêmement couteuses et ne peuvent être mises en œuvre sur le court terme.

  • Les personnes impactées ont un niveau de conscience et de compréhension de l’impact de leurs gestes souvent assez faible.

    J’ai vu des personnes en grande précarité baisser la température ambiante de leur logement pour réduire leur facture et, parce que la différence de température entre l’extérieur et l’intérieur était de ce fait moins sensible, laisser la porte d’entrée ouverte en hiver sans avoir conscience de l’impact de ce geste sur la consommation énergétique du logement. Ils alimentaient ainsi un cercle vicieux où ils ne pouvaient que continuer la baisser la température ambiante pour rendre leur facture acceptable.

    Réduire la précarité énergétique suppose aussi une « formation » de personnes pas toujours spontanément réceptives pour qu’elles comprennent quel meilleur parti elles peuvent tirer de leur logement en matière énergétique.

Ces actions sont, pour des raisons humaines ou économiques, très complexes à mettre en œuvre. Réduire la précarité énergétique s’apparente à déployer des actions d’efficacité énergétique dans les conditions les moins favorables : c’est un peu, pour les villes, avoir à résoudre la quadrature du cercle.

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