L’effacement électrique est-il un concept dépassé ?

Historiquement, l’effacement électrique a été conçu comme une réponse à diverses problématiques rencontrées par les réseaux de distribution électrique : écrêtage de la pointe, réduction des congestions, risque de black-out. Il consistait alors à interrompre certaines charges sur commande ou de manière programmée à des moments opportuns.

Bien qu’encore très présente dans les esprits, cette vision date un peu. Non pas que ces actions de délestage, d’effacement soient devenues inutiles, mais les systèmes énergétiques ont besoin d’interactions plus fines avec les consommateurs et vice versa.

En effet, les effacements traditionnels servent des besoins d’équilibre charge-capacité au pas de temps de plusieurs heures. Il existe des besoins d’équilibre à des pas de temps beaucoup plus court, pour le réglage de la fréquence par exemple.

La réponse à ces besoins ne se traduit pas par un délestage de plusieurs quart d’heure mais plutôt par une modulation de la consommation c’est à dire une variation, en plus ou en moins, de la consommation autour d’une valeur nominale.

Y a-t-il des charges capables de répondre à de tels besoins ?

Prenons l’exemple d’une climatisation ? Les compresseurs se mettent en route quand la température atteint par exemple 21°C et s’arrêtent quand elle est redescendue à 19°C. En faisant varier la température entre 19,5°C et 20,5°C, on s’offre une marge d’action d’au moins 0,5°C à la hausse ou à la baisse qui peut être mobilisée à tout moment pour contribuer à l’équilibre d’un réseau électrique. Et ce, sans modifier le confort des usagers.

Cette approche est globale : il faut mesurer l’effet de mises en route plus fréquentes des compresseurs, qui peut avoir des conséquences sur leur vieillissement, il faut tenir compte du système de régulation de la climatisation, pas toujours favorable à ce type d’actions. Mais cette approche n’est pas théorique pour autant : elle révèle un potentiel important de flexibilité.

De tels exemples sont nombreux et permettent un contrôle de la demande à tout moment, en période de pointe comme en période de faible consommation. Si l’effacement est, selon les pays, plutôt rarement valorisé à son juste niveau, la modulation offre des opportunités de valorisation beaucoup plus importantes, sur les mécanismes d’ajustement, par exemple.

Plus que l’effacement, la modulation de consommation place le consommateur comme partie intégrante des systèmes énergétiques. De plus, elle ouvre la porte à un positionnement nouveau des utilities comme valorisateur de flux énergétiques globaux : une vraie valeur à apporter aux clients, d’autant plus importante que celui qui la fournit a un positionnement global.

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