Le facilitateur : catalyseur ou fossoyeur des CPEs ?

Délivrer des CPEs de manière rentable demande à réunir des conditions très précises : parmi elles, l’accès à du capital, support des investissements réalisés, la parfaite maîtrise financière et juridique des CPEs, une industrialisation très poussée du modèle, ne laissant aucune place à l’improvisation et interdisant de se reposer sur une bonne compétence technique pour compenser un manque de maîtrise des processus opérationnels.

L’ensemble de ces conditions n’est pas accessible aux petites structures. Il faut donc se résoudre à voir les CPEs offerts par des organisations de grande taille, pour peu qu’elles aient réussi à maîtriser les axes listés ci-dessus.

Il est tout de même difficile pour des bureaux d’études spécialisés, par exemple, de regarder cette manne potentielle sans avoir la possibilité de s’en réserver un morceau.

La difficulté qu’ont les clients consommateurs à comprendre le modèle des CPEs, à exprimer leurs besoins, à juger les offres qui leur sont faites en matière de CPEs a ouvert à ces petites structures une brèche dans laquelle elles se sont précipitées.

Etablir un lien, assurer la traduction entre le monde des consommateurs et les prestataires fournisseurs de CPEs est vite apparu comme une solution prometteuse accessible à ces petits acteurs. Ils sont en charge de rédiger des cahiers des charges, de piloter des processus d’appel d’offre et de sélectionner des prestataires de service : ils se font appeler les facilitateurs, un nom plein de promesses.

Mais ces promesses sont-elles tenues ?

Les facilitateurs se sont multipliés plus vite que les fournisseurs de CPEs. Beaucoup n’ont jamais mené à bien de CPEs, n’ont pas d’idée précise quant aux conditions de rentabilité ou de réussite d’un CPE. Par méconnaissance, j’en ai vus instaurer des conditions dans lesquels il était impossible aux prestataires de services de réussir et de capitaliser une expérience précieuse. Dans de nombreux pays, les CPEs sont un modèle qui a des difficultés à percer malgré un intérêt évident pour toutes les parties ; rendre les facilitateurs responsables de ce manque de succès serait bien évident excessif.

Mais il serait probablement vertueux de ne pas imposer la présence d’un facilitateur, de laisser le marché monter librement en compétence et de le structurer plus tard. Cela éviterait certaines petites structures d’agir en fossoyeurs de CPEs plus qu’en facilitateurs.

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