BEPOS : un pas en avant ou en arrière pour l’efficacité énergétique ?

La réglementation thermique relative aux bâtiments a évolué depuis quelques décennies, dans les différents pays européens, en durcissant les exigences en matière de performance thermique des bâtiments jusqu’à atteindre, de manière asymptotique, des niveaux de performance très élevés qu’il sera désormais coûteux de dépasser.

Le principal enjeu réside désormais dans l’amélioration effective et radicale de la performance thermique des bâtiments anciens.  Il s’agit là d’un enjeu technique et financier sur lequel les villes doivent sérieusement se pencher.

Néanmoins, en parallèle, il n’est pas interdit de réfléchir à une étape supplémentaire à proposer pour les bâtiments neufs. C’est l’objet des BEPOS (bâtiments à énergie positive). Outre une performance thermique de premier ordre, ces bâtiments devront être producteurs d’électricité pour que leur consommation d’électricité, vue du réseau de distribution, continue à décroitre.

Ce standard en devenir offre-t-il vraiment une continuité idéale aux règlementations thermiques en cours ?

En matière de production d’électricité, la technologie renouvelable la plus adaptée à ce jour aux bâtiments est le solaire photovoltaïque. Selon les cas que j’ai traités ou auxquels j’ai eu accès, de 12% à 20% des bâtiments ont une toiture adaptée pour recevoir une installation performante de solaire photovoltaïque. Les autres sont mal orientés ou sont à l’ombre d’autres bâtiments pendant une grande partie de la journée.

Dans 80% des cas, le standard BEPOS imposera donc une installation de production très moyennement performante tandis que, dans les autres cas, les toitures bien orientées ne seront exploitées que partiellement.

Cette constatation plaide pour une mutualisation entre bâtiments des capacités de production imposées par le standard BEPOS : soit le standard s’applique sur un groupe de bâtiments, un quartier, soit il exige, comme cela existe déjà par ailleurs, la production de certificats. Ces certificats sont accordés à tout bâtiment intégrant un dispositif de production d’électricité et les certificats correspondant à la capacité excédentaire intégrée sont cessibles à d’autres bâtiments ne bénéficiant pas de conditions favorables à l’intégration d’une production locale.

Il en sera de même pour les productions d’énergie thermique à partir de sources renouvelables. Elles sont plus efficientes quand elles sont mutualisées.

Selon la manière dont il sera mis en œuvre, ce standard BEPOS peut s’avérer être un fantastique levier de développement d’énergies renouvelables et de performance énergétique ou un désastreux dispositif poussant au développement d’installations peu performantes.

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