L’efficacité énergétique active : étape indispensable ou complément d’action secondaire ?

Les actions d’efficacité énergétique se scindent en deux groupes :

  • L’efficacité énergétique passive englobe toutes les actions de renouvellement ou d’amélioration du bâti et des systèmes énergétiques (isolation des murs, renouvellement du système de chauffage, changement de technologie d’éclairage)
  • L’efficacité énergétique active comprend toutes les actions d’optimisation des usages soit par l’intermédiaire d’instruments (horloges programmables, détecteurs etc..) soit en agissant sur les comportements

Bien évidemment, les industriels offrent une image de l’efficacité énergétique cohérente avec le prisme à travers lequel ils regardent ces enjeux : celui de leur positionnement. Legrand, Siemens, Schneider Electric, Hager mettent en avant les vertus de l’efficacité énergétique active tandis que les fabricants d’isolants ou de fenêtres se focalisent sur les bénéfices de l’efficacité énergétique passive.

Tous clament des performances exceptionnelles, un pourcentage de réduction des consommations à deux chiffres. Mais qu’en est-il vraiment ? Ces actions sont-elles aussi fructueuses qu’on le lit ? Ces différentes actions sont-elles complémentaires ou concurrentes ?

Pour répondre à ces questions, faisons la distinction entre les bâtiments anciens à faible performance thermique et les bâtiments neufs dits basse consommation.

Dans les bâtiments dits basse consommation, construits selon les normes les plus récentes, la performance des systèmes consommateurs d’électricité, des systèmes thermiques ainsi que la performance thermique du bâti sont optimales. Ces bâtiments offrent un potentiel de performance énergétique théorique élevée qui peut être « dégradé » soit par des comportements non vertueux (laisser les fenêtres ouvertes en période de chauffage, prendre des bains fréquents etc…) soit par des consommations excessives des usages privatifs.

Dans ces bâtiments, les actions d’efficacité énergétique passive n’offrent, en théorie, aucun potentiel de gain tandis que les actions d’efficacité énergétique active peuvent permettre l’atteinte de la performance nominale permise par le bâti. Ces actions ont donc une portée, une performance potentielle fonction des comportements qu’elles permettront de corriger ou de cadrer. Cette performance sera variable selon les ménages : difficile d’articuler sérieusement un chiffre représentant ce que ces actions permettront de ne pas perdre.

Dans les bâtiments anciens dont la performance thermique est moyenne ou mauvaise, il y a lieu d’optimiser le fonctionnement du chauffage. Tout système de régulation et de programmation du chauffage apporte, dans ces bâtiments, une performance d’autant plus importante que l’inertie thermique du bâti est faible.

Bien sûr, des actions d’efficacité énergétique passive, apporteront, elles aussi, des performances élevées, en théorie beaucoup plus élevées que les actions d’efficacité énergétique active. Mais elles sont plus coûteuses et le retour sur investissement se fait souvent sur des périodes de 10 à 30 ans. C’est la raison pour laquelle les villes, particulièrement celles qui ont décidé d’être Smart, doivent concevoir des programmes de rénovation et de l’amélioration de l’habitat et les dispositifs de financement qui les accompagne pour stimuler ces actions.

Dans ces bâtiments, soit le propriétaire décide d’investir dans une rénovation thermique, possiblement subventionnée, pour obtenir les économies d’énergie les plus importantes et les actions d’efficacité énergétique passive auront alors une importance proche de celle décrite pour les bâtiments neufs, soit la performance thermique du bâtiment reste durablement faible et les actions d’efficacité énergétique active sont indispensables et permettent des économies importantes (de l’ordre ou supérieures à 20%).

Les différentes actions ne sont jamais concurrentes mais elles ont des objectifs et des cas d’utilisation optimale différente. Aux différents professionnels de proximité d’aider les consommateurs à faire le tri entre les messages des industriels et de les éclairer sur les actions les mieux adaptées à leur situation.

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