Le gaz, entre énergies fossiles et renouvelables

Le gaz semble inclassable dans l’univers énergétique d’aujourd’hui.

Certains le voient clairement comme une énergie fossile, émettrice de CO2, et posent sur lui un regard réprobateur, dans l’air du temps. D’autres voient en lui l’énergie fossile la moins émettrice de CO2. D’autres encore ne raisonnent pas exclusivement gaz naturel et considèrent le biogaz comme une ressource renouvelable insuffisamment exploitée.

Tous ont raison mais les points de vue monodirectionnels ont peu leur place dans le monde de l’énergie, terrain privilégié du consensus tant il s’avère impossible de trouver le mix parfait combinant sécurité d’approvisionnement, indépendance énergétique, protection de l’environnement et économie.

J’ai été surpris ces derniers mois de trouver chez des distributeurs ou fournisseurs de gaz des managers doutant de la pérennité de leur activité, profondément déstabilisés par certains messages.

Je ne partage pas ce pessimisme.

  • Tout d’abord, le gaz est une énergie de bandeau, soudain parmi les moins coûteuses, qui, en prime, se stocke et se transporte facilement. Les infrastructures de transport et de stockage sont d’ailleurs assez développées. Peu de sources énergétiques ont ces caractéristiques.
  • Le gaz est l’énergie fossile la moins émettrice de CO2. La substitution du charbon et du pétrole par des énergies « propres », non émettrices de CO2, n’est pas toujours possible : les énergies « propres » (solaire, éolien) ne sont pas disponibles partout en quantité satisfaisante et le taux d’énergies intermittentes acceptables (pour des raisons techniques ou économiques) dans un pays peut être limité. Le gaz est, dans ces cas, une énergie de transition intéressante.
  • La substitution des énergies fossiles par des énergies propres peut prendre beaucoup de temps. Les capacités de production d’électricité à base de gaz sont rapides à installer et peuvent être un palier intermédiaire pour une partie de la substitution évoquée.
  • Sans qu’il représente un potentiel démesuré, les biogaz sont une source d’énergie renouvelable qu’il est important de capter. Il est probable qu’ils fassent partie du paysage pour quelques longues décennies.
  • Enfin, de manière plus prospective, d’autres gaz que le méthane pourraient prendre une part importante dans les mix énergétique : l’hydrogène par exemple. Il est en effet légitime de chercher des sources d’énergie gazeuses, peu polluantes, bénéficiant de tous les avantages des gaz, car les énergies en développement telles que le solaire et l’éolien présentent des inconvénients qui nécessite de trouver des énergies complémentaires

Le développement du gaz se fera nécessairement différemment dans les années à venir, en tenant compte de la présence d’autres énergies dans les mix énergétiques. Il sera peut-être freiné dans certains territoires, accéléré dans d’autres. Mais il semble déraisonnable de prévoir une menace, sur les énergies gazeuses, identique à celle qui plane sur le charbon et, dans un deuxième temps, sur le pétrole.

1 Commentaire

  1. Bonjour
    vous affirmez que la substitution de l’énergie produite de sources fossiles par celle produite de sources propres peut prendre beaucoup de temps,mais c’est un choix qui reste presque obligatoire aussi le processus pourrait être accéléré si les efforts déployés se multiplient et convergent

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*