La vision du futur énergétique n’est pas la création d’un monde de science-fiction.

J’ai déjà évoqué à maintes reprises la nécessité qu’ont les énergéticiens de définir un cap pour orienter leurs actions de manière cohérente et fédérer plus facilement les initiatives internes. J’ai ainsi fait référence au besoin de définir une « vision ».

Mais qu’est ce que cette vision ? Et que ne doit-elle pas être ?

Dans le cas du devenir des systèmes énergétiques, nous savons que l’évolution de ces systèmes est très lente et que, depuis quelques années, les nouvelles technologies impactant cet environnement déferlent à un rythme inédit. Nous ne pouvons donc connaître les technologies qui s’imposeront dans 10, 20 voire 30 ans, autour de 2050, horizon fréquent des raisonnements actuels.

Dans l’inconscient collectif, la vision s’apparente à la description divinatoire d’un environnement futur. Cet exercice est parfois pertinent.  Dans le cas de l’énergie, il revient à dépeindre un futur assez lointain à partir des technologies et solutions connues d’aujourd’hui ou en prenant des paris inconsidérés. Cet exercice mêle art pictural et art littéraire pour aboutir à une description de science fiction, certes vendeuse et facile à comprendre.

Le futur sera probablement différent : de nouvelles technologies émergeront et s’imposeront. La transition énergétique est donc un chemin et non une étape.

Mais alors qu’est ce qu’une vision, pour une société énergétique ? Je crois que c’est d’abord une compréhension et une description précise des besoins de chaque acteur, de leurs aspirations et de leurs objectifs. C’est également une démarche, plus prospective, tendant à imaginer l’évolution des environnements règlementaires en anticipant les enjeux et les politiques propres à chaque pays.

Ces deux composantes forment l’ossature du cap à suivre car les énergéticiens ne créeront de valeur et ne développeront pas leurs activités avec succès en répondant seulement de mieux en mieux aux attentes, besoins et aspirations de leurs clients et des sociétés au sein desquelles ils opèrent.

Sur cette base, ils pourront enfin être plus descriptifs en évaluant les possibilités offertes par chaque évolution technologique. Personne n’a un besoin intrinsèque de panneaux photovoltaïques, d’une voiture électrique ou d’une batterie de stockage etc… Ces produits ne font que répondre à des besoins d’indépendance, de continuité de service, de compétitivité de l’énergie ou de partage.

La vision ne saurait être complète sans une évaluation de l’évolution des attentes et aspirations de la société et de ces acteurs concernés par l’énergie. Les besoins de confort et de continuité de service seront-ils plus forts que la volonté de préserver l’environnement et que le besoin d’indépendance ? La volonté de partage prendra-t-elle l’ascendant sur les besoins économiques ou d’indépendance ? Les villes se reformeront-elles en profondeur en matière de mobilité et sauront-elles créer une dynamique collective autour de cet enjeu ?

Le vent d’innovation et d’évolution règlementaire qui souffle sur l’énergie ouvre le champ des possibles. Le flux de nouveautés et de ruptures est trop important pour que les régulateurs puissent l’endiguer à moyen et long terme. C’est tout l’écosystème énergétique qui évolue pour répondre à des besoins pas toujours exprimés et depuis longtemps réprimés. Aux énergéticiens de les comprendre pour définir progressivement leur place et leur valeur dans cet écosystème. Une seule certitude : ils ne pourront pas être partout !

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