Les écoles : cible stratégique de la transition énergétique

La transition énergétique est une affaire de technologie, de savoir faire et de compétence.  Cela semble être une évidence pour tous.  J’ai déjà évoqué, dans nombre de mes articles, le fait que la transition énergétique est aussi une affaire de schémas mentaux et de comportements.

Si l’adoption de nouvelles technologies, l’acquisition de nouveaux savoir-faire sont accessibles à tous, il semble que l’évolution des schémas mentaux et les comportements soit beaucoup plus difficile. Quels sont les moyens d’accélérer ces évolutions ? Comment les planifier et les structurer ?

Les énergéticiens et les villes, principaux acteurs engagés dans la conduite de transition énergétique, font face à leur propos à un paradoxe :  d’une part, la transition énergétique impose de ne pas perdre de temps, d’autre part l’évolution des schémas mentaux et les comportements demande beaucoup de temps.  Il est donc important, à ce propos, de combiner des actions à différents horizons de temps, certaines à très court terme, d’autres à plus long terme.  De même, il est important de mener simultanément des actions individuelles et des actions collectives. Cette complémentarité d’action est un gage de pérennité des résultats : j’aurais l’occasion d’y revenir dans de prochains articles.

Parmi les actions individuelles sur le long terme, l’éducation prend une place importante : nous sommes imprégnés de ce que nous avons appris quand nous étions jeunes, par exemple sur les bancs de l’école. Nous savons aussi que les habitudes prises à cet âge perdurent.  Ce principe s’applique à nos comportements impactant notre consommation d’énergie.  L’école joue un rôle fondamental, pour apprendre aux enfants des comportements vertueux que ceux des générations précédentes.

Parmi les actions collectives sur le court terme, il apparaît fructueux de jouer sur les dynamiques familiales, notamment celles existant entre parents et enfants.  Les enfants sont fiers de rappeler à leurs parents ce qu’ils ont compris : il leur rappelle d’attacher leurs ceintures de sécurité en voiture, de respecter les limitations de vitesse ou de trier leurs déchets. Face à ces injonctions, les parents s’exécutent, peut-être pour ne pas entacher le modèle qu’ils souhaitent représenter.

Parce qu’agir sur les enfants est fructueux à plusieurs titres, les écoles ont un rôle pivot dans la transition énergétique : il ne s’agit pas pour elles de faire du militantisme politique mais d’amorcer et d’ancrer chez nos enfants un regard différent sur le monde qui les entoure pour leur permettre et leur apprendre d’adapter leur comportement.

Je suis toujours émerveillé par les réactions des jeunes générations à mes articles et à mes conférences : alors que les adultes cherchent à se rassurer quant à leurs schémas mentaux voire, dans certains cas, à les renforcer, les jeunes sont avides de comprendre, d’aller plus loin, de bousculer les acquis, car beaucoup ont compris à quel point une planète, une économie, une société construite de manière équilibrée sont importantes.

La transition énergétique vise à construire une composante du monde dans lequel ces jeunes vivront.  Il est essentiel qu’il participe à sa construction et que les écoles les préparent à cela. Mettons ces dernières au cœur des projets de transition énergétique.

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