L’évolution des usages au centre des enjeux de la transition énergétique

La transition énergétique européenne, déclinée dans la quasi-totalité des pays, est une partie de la contribution du Vieux Continent à la lutte contre le dérèglement climatique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, CO2 en premier, est au centre des préoccupations.

Faire évoluer le mix des technologies de génération d’électricité pour migrer vers un mix moins carboné, avec moins d’énergies fossiles et plus d’énergies renouvelables, est la principale déclinaison de la transition énergétique qui vient à l’esprit.

Mais cette évolution est-elle suffisante ? Pouvons-nous nous reposer sur un changement technologique pour atteindre nos objectifs ? Ne devrons-nous pas, en tant que citoyen, nous impliquer dans cette « aventure » ?

Dans un article récent, j’ai déjà évoqué simultanément les bienfaits de l’énergie photovoltaïque et les problèmes que son déploiement à grande échelle risquait de poser ; ce regard m’a permis d’ouvrir la porte à une considération prioritaire pour l’efficacité énergétique et la réduction de notre consommation.

Réduire la consommation énergétique des bâtiments qui pèse pour plus d’un quart de la consommation énergétique en Europe suppose d’abord un vaste plan d’isolation des bâtiments afin de réduire la consommation du chauffage et de la climatisation. Ensuite, le recours à des équipements et l’usage de produits moins énergivores complèteront la baisse. Même si dans les bâtiments, ils ne représentent pas le gisement d’économies le plus important, les évolutions de nos comportements ne sont pas à négliger.

Ils supposent de réels changements d’habitude : nouveaux comportements d’achat de produits à la fabrication et à l’usage moins consommateurs d’énergie, nouveaux comportements de vie, attention accrue portée aux déchets (dont le traitement est fortement consommateur d’énergie). Ces changements ne seront pas déterminants pour faire baisser notre consommation, mais ils seront essentiels pour éviter qu’elle n’augmente à nouveau.

Dans le domaine des transports, qui pèse pour environ un tiers de la consommation énergétique en Europe, passer aux véhicules électriques (vélo, automobile, camion, autocar) peut permettre de réduire les émissions de CO2 ou de les déplacer des lieux de combustion des dérivés pétroliers vers les lieux de production d’électricité. Ce déplacement n’est pas à négliger car il soulagera des villes, zone de très forte concentration de polluants, générateurs de problèmes de santé de plus en plus nombreux.

Mais, dans les transports, les actions les plus efficaces consistent à réduire les transports : cela passe par une urbanisation différente pour réduire les déplacements intra-urbains, de nouvelles organisations du travail pour réduire les trajets quotidiens domicile-travail, un nouveau rapport à l’automobile dont le partage permettra des gains très importants, une baisse de l’approvisionnement en produits alimentaires exotiques ou pas de saison.

Notre manière de vivre est donc au centre du débat : il faut être ni radical ni dogmatique car, nous tous, devons adopter une nouvelle manière de vivre : nous le ferons moins facilement, moins rapidement sous la contrainte et dans un cadre non accepté et non partagé. Mais notre action doit tout de même être volontariste pour conduire aux résultats nécessaires.

Ne venons-nous pas de décrire un des objectifs principaux des Smart Cities qui, à travers la manière dont elles seront conçues et grâce à la stimulation des citoyens qu’elles sauront conduire, contribueront à l’amélioration du confort de vie dans la ville et à l’atteinte de nos objectifs de protection environnementale ?

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