Smart Cities : les citoyens seront au cœur de leur succès

L’été m’a permis, article après article, grâce à des textes plus longs que d’habitude, d’exposer différents aspects des Smart Energy Cities : les raisons qui les rendent indispensables, les actions fondatrices de toute initiative souhaitant être couronnée de succès et des actions d’accompagnement que nulle ville ne peut s’affranchir de considérer.

La liste de ces actions est-elle suffisante pour réussir à bâtir une Smart Energy City ? La liste des ingrédients fait-elle la recette ?

En prenant un peu de recul, les facteurs succès des Smart Energy Cities relèvent de trois domaines.

Le domaine Organisationnel

  • La gouvernance locale de l’énergie doit souvent être repensée dans le but de coordonner tous les acteurs de la chaîne de valeur de l’énergie, quelle que soit l’énergie (électricité, gaz, chaleur). Cela exige souvent de faire travailler ensemble ou de faire évoluer des structures concurrentes dont certaines peuvent tirer aisément parti de la transition énergétique alors que d’autres peuvent voir leur activité réduire ou menacée.
  • Les villes doivent décloisonner le fonctionnement des différents départements publics pour améliorer leur efficacité sur des thèmes de plus en plus transverses.
  • Elles doivent également établir de nouvelles relations et de nouvelles formes de collaboration public-privé. La défiance avec laquelle ils se considèrent, leurs relations purement clients-fournisseurs dont les notions de qualité et de pérennité sont souvent absentes doivent faire la place à des partenariats plus solides et plus durables.

Le domaine Technique

Beaucoup de technologies sont désormais disponibles pour que les villes progressent rapidement vers davantage d’intelligence. Elles doivent être déployées de la plus économique des manières : développer une stratégie et une vision globale est un pilier fondateur de cette performance économique. Les compétences nécessaires sont rares et restent souvent à développer avec énergie.

La culture locale

Cette dimension, rarement débattue, peu travaillée car les expériences dont nous disposons sont plus rares, est probablement la plus importante, celle qui a l’impact le plus lourd sur les résultats et le succès de la Smart Energy City.

  • La conscience environnementale des citoyens varie fortement d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre. L’évolution de la mobilité dans les villes, par exemple, suppose, je l’ai souligné récemment, un profond changement dans les habitudes de vie. Il est illusoire de viser des résultats rapides sans conscience environnementale. Faut-il dès lors s’appliquer, patiemment, à la développer ou prendre des mesures de plus en plus coercitives pour compenser son absence ? Malgré les difficultés, la première option me semble plus prometteuse.
    De même, l’engagement des citoyens dans les communautés énergétiques, dans des actions d’efficacité énergétique est un objectif majeur pour assurer la pérennité des performances énergétiques de la ville, rarement considéré avec succès. Engagement et conscience vont de pair : inutile d’attendre l’un pour développer l’autre ; les villes doivent développer progressivement des actions, des dispositifs pour agir sur les comportements.
  • Mais la dimension culturelle n’affecte pas seulement les citoyens. Les évolutions énergétiques que nous visons prendront du temps, les résultats seront longs à se dessiner et, pour autant, nous avons besoin de plans volontaristes : ces plans doivent être développés par toutes les forces politiques de la ville afin de ne pas être remis en cause à chaque changement d’équipe dirigeante. Cela requiert le développement de modes de décisions plus consensuels, davantage basés sur le dialogue, l’écoute et le compromis. La Suisse, l’Allemagne, la Scandinavie, pour ne citer qu’eux, sont des zones plus disposées à ce type de fonctionnement. Les instances municipales des pays où les relations sont des rapports de force, influencés par des oppositions frontales et des luttes auront plus de difficultés à bâtir, rapidement, des villes performantes.

Concernant chacun de ces 3 thèmes, nous pouvons partager une vision des enjeux d’évolutions fortes à conduire, constater que les changements nécessaires nous conduisent bien loin de la situation actuelle et que les dirigeants politiques nous semblent quelquefois loin des profils qui nous semblent nécessaires.

Mais ne nous trompons pas ! Les systèmes démocratiques que nous avons bâtis n’incitent pas les dirigeants politiques à prendre les devants en matière de changement : en dehors de quelques d’exceptions qui n’ont pas vocation à être massivement copiées, ils avancent au rythme de l’opinion publique, sans nécessairement la devancer. En faisant preuve de pédagogie et de transparence, ils influencent voire accélèrent l’évolution des demandes mais ils ne les anticipent pas.

Dès lors, ne sommes-nous pas en devoir de ne pas attendre d’eux plus qu’ils ne peuvent faire ? et surtout, ne devons-nous pas prendre notre part du mouvement ? N’est-ce pas en étant actif en tant que citoyen, individuellement ou, mieux, au travers d’actions collectives ou associatives, que nous contribueront à pousser les politiques à aller plus vite et plus loin, en matière de Smart Energy Cities ?

Par la même occasion, nous redéfinirons la place de chaque citoyen dans la gouvernance d’une ville. La profondeur et l’urgence des changements à accomplir passera en effet par un retour des citoyens au coeur de la gouvernance des villes.

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