Les procédures d’achat public peu favorables à la digitalisation de l’énergie

La digitalisation des réseaux de distribution d’énergie et, plus largement, des systèmes énergétiques, et l’optimisation de leur fonctionnement qui en résulte demande d’établir beaucoup de liens, auparavant inexistant :

  • Liens entre réseaux énergétiques (électricité, gaz et chaleur)
  • Liens entre les producteurs et les consommateurs pour l’équilibre des systèmes
  • Liens entre données venant d’horizons différents (comptage, gestion de réseau)
  • Liens entre la charge des systèmes et les tarifs

Ces liens créent une complexité nouvelle qu’il faut dompter pour assurer une transition douce et la moins coûteuse possible entre les anciens et les nouveaux systèmes. Gérer cette transition suppose un raisonnement systémique, une vision globale tout autant que la capacité à décliner cette vision dans le détail. A tout moment, l’équation économique de tous les acteurs doit rester équilibrée.

Je suis toujours très surpris de voir, sur les quelques appels d’offre publics auxquels je participe, le poids de la dimension financière. La volonté, traduite à travers les politiques d’achat public, de ne pas gaspiller l’argent du contribuable, induit une pression légitime sur les prix quand il s’agit d’acheter des produits et des prestations connus et rodés depuis longtemps.

Dans le domaine de la digitalisation des réseaux, cette même politique entraine l’attribution des marchés de services aux collectivités et organisations gouvernementales à des équipes peu expérimentées et disposant, pour la même raison, de peu de moyens pour renforcer leurs compétences.

Je ne suis pas sûr que l’argent ainsi économisé ne soit pas perdu au décuple quelques années plus tard. Ne faudrait-il pas donner un poids plus important aux compétences quitte à réduire les risques encourus par les collectivités, en créant un « portail des prestataires de services énergétiques », donnant aux collectivités sur chaque prestataire de service les avis émis par celles qui les ont employés auparavant ?

Ne lèverait-on pas ainsi un frein à l’engagement recherché par les collectivités publiques dans l’énergie ?

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