Un audit énergétique n’est pas un garant de performance

Beaucoup de pays ont rendu les audits énergétiques obligatoires, notamment pour les plus gros consommateurs, dans le cadre de leur politique d’efficacité énergétique.

Mais cette disposition est-elle efficace ? Est-elle la première étape de la transition énergétique souhaitée pour tous les consommateurs ?

Dans les cas où les consommateurs ont peu de risque d’être soumis à une mise en conformité obligatoire, les audits sont effectivement réalisés car ils revêtent un caractère obligatoire. Le but de nombreux consommateurs assujettis à cette obligation est donc d’avoir un tampon ou une attestation. Le prix de marché, quand il n’est pas régulé, de cette prestation est donc le prix d’un papier, faible, dénotant le peu de valeur associée à l’audit.

Dans les cas contraires, l’angoisse palpable pendant l’audit concerne le montant des investissements nécessaires après l’audit.

Ces comportements, en apparence caricaturaux, sont pourtant nombreux et se retrouvent sur tous les segments de marché : bâtiments tertiaires, industrie, propriétaires immobiliers. A la suite de l’audit, un grand nombre de consommateurs reviennent à leurs activités et ne se préoccupent plus d’énergie.

L’audit n’a servi à rien et le marché s’appauvrit : pour répondre à de tels consommateurs, des auditeurs travaillent a minima sans autre objectif que de délivrer l’attestation tant attendue et sans réelle compétence pour dépasser ce stade.

Ne généralisons pour autant et ne réduisant pas le marché à ces acteurs peu concernés par l’efficacité énergétique. Les grands et moyens consommateurs sont en effet de plus en plus nombreux à déployer une politique énergétique, soit pour des raisons économiques, soit dans le cadre de certifications utiles à leur commerce, soit encore, plus rarement, pour des raisons éthiques. Pour eux, l’audit est un véritable point de départ ou un bilan intermédiaire, destiné à les guider vers des actions prioritaires ou à détecter des ressorts de performances énergétiques inconnus ou sous-évalués jusque-là. Ces consommateurs s’appuient sur des auditeurs leur apportant vision globale et avis circonstancié.

Les audits, en eux-mêmes, ne sont pas générateurs d’efficacité énergétique : en terrain hostile, ils ne stimulent nullement les acteurs, en terrain favorable, ils auraient été conduits sans qu’ils soient imposés.

Les obligations de travaux, destinées à relever progressivement le niveau minimum de performances accepté, ne peuvent avoir un impact rapide sur la performance d’ensemble d’un pays.

Peut-être faudrait-il explorer une voie consistant à responsabiliser tous les acteurs, par exemple, en exigeant la définition et l’engagement, après l’audit sur un plan de progrès destiné à atteindre un objectif donné au terme d’une période de 5 à 10 ans. L’audit pourrait donner l’objectif minimum à atteindre et le non-respect des engagements pourrait donner lieu à pénalités.

De tels mécanismes ont l’avantage d’être moins contraignants qu’une obligation règlementaire en laissant une latitude sur les actions à mener et, dans une certaine mesure, sur le délai de réalisation. Ils permettraient cependant de transformer tous les consommateurs en acteurs de plus en plus concernés.

Ils permettraient aussi d’accroître plus rapidement l’efficacité énergétique globale : nous avons tellement besoin !

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