Les paradoxes énergétiques du moment

Si certains paradoxes peuvent nous faire rire, si d’autres peuvent nous agacer, tous ont le mérite de nous faire réfléchir. 

En ce début d’année 2019, je vous propose ce post récréatif et vous présente, chers lecteurs, mes meilleurs vœux d’accomplissement et de bonheur pour l’année 2019.

Les paradoxes ont une conséquence supplémentaire : chacun peut regarder chaque sujet sous un angle seulement et n’avoir qu’une vision très parcellaire et simpliste du sujet. Ne pas en être conscient, donne des certitudes insupportables et génère des débats stériles et sans fin entre partisan d’un angle de vue et partisan d’un autre, opposé.

Jamais, nous n’avons été aussi conscients qu’aujourd’hui du lien entre performance énergétique globale et systèmes énergétiques et la réglementation sépare distributeurs et fournisseurs d’énergie.

La lutte contre le dérèglement climatique suppose des actions coordonnées et collectives et on oppose les fournisseurs d’énergie en les mettant en concurrence, c’est à dire en les mettant en situation d’agir les uns contre les autres.

Nous voulons sortir du nucléaire qui, dans de nombreux pays, garantit pourtant un niveau d’émission de CO2 très bas. Et nous devons donc le remplacer parfois, de manière transitoire ou durable, par des sources d’énergie émettant davantage de CO2.

Pour servir des économies toujours plus performantes et sensibles, nous avons besoin d’accroitre la sécurité d’approvisionnement en énergie et nous choisissons de nous reposer sur des systèmes numériques éminemment vulnérables.

Certains clament haut et fort que le monde de demain sera tout électrique et jamais les réseaux de chaleur ne se sont aussi bien développés.

On fustige la dépendance énergétique des pays occidentaux vis à vis des ressources énergétiques fossiles (pétrole, gaz, charbon) et, en y échappant et en développant énergies renouvelables et stockage, nous créons une nouvelle dépendance énergétique vis à vis des terres rares et donc de la Chine.

Les décideurs politiques sont à la recherche de résultats énergétiques pour la prochaine échéance électorale alors que les systèmes énergétiques sont des paquebots qu’on manœuvre sur des décennies.

Nous avons besoin de développer les flexibilités et certains gestionnaires de réseaux de transport mesurent leur performance à la baisse du coût (et donc de l’attractivité) des mécanismes d’équilibre.

Nous demandons aux fournisseurs d’énergie de porter les actions d’efficacité énergétique chez leurs clients c’est à dire d’œuvrer pour baisser leur chiffre d’affaires.

Les véhicules électriques n’émettent pas de CO2 quand ils roulent mais plutôt quand on les fabrique ou, dans certains pays, quand on produit l’électricité qui les alimente.

Cette liste n’est pas complète ; mais elle illustre la nécessité, pour conduire des transitions énergétiques, de, sans cesse, adopter des compromis.

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