Efficacité énergétique dans l’industrie : un exercice de haute voltige (Partie 2)

Parmi les actions d’efficacité énergétique conduites sur les process industriels, celles consistant à remplacer des machines ou des composants de machines, des moteurs par exemple, moins énergivores, sont celles qui sont les plus naturelles : leur dimension technique correspond à la culture de la plupart des environnements industriels. Mais ces actions sont rarement menées avec une dimension systémique car chaque machine a son spécialiste à qui il est facile de confier son remplacement avec des objectifs spécifiques.

Intéressons-nous aux actions d’optimisation de la conduite des process, plus complexes.

Ces actions doivent être permanentes pour maintenir un niveau de performance malgré tous les aléas de production et pour s’adapter aux constantes évolutions des process. Elles ne sont donc plus la mission d’une task force ou d’une organisation temporaire mais doivent s’inscrire dans le fonctionnement quotidien de l’industriel.

Toutes les industries n’ont pas les moyens de payer un « Energy Manager », sorte de chef de projet mandaté pour convaincre les « forteresses » que sont les ateliers de faire quelques efforts en matière de consommation énergétique. La préoccupation pour les économies d’énergie doit donc être intégrée par les équipes en place. C’est d’autant plus délicat qu’elles sont souvent surchargées par leur quotidien. Un intérêt et un support continus, authentique de leur management est une condition nécessaire de succès.

L’optimisation énergétique de la conduite des process suppose des données … mais pas n’importe quelles données !

On se rend compte par expérience que les points d’acquisition de données conditionnent la vision et la compréhension d’un process. Inclure ou exclure les auxiliaires d’une machine ne fournit pas la même information de même que différents « découpages » d’une ligne de fabrication par un dispositif de sous-comptage.

La pertinence des données, et donc du dispositif de comptage, se découvre progressivement et est le résultat d’ajustements successifs : les systèmes de sous-comptage fixes, largement répandus, câblés en tableau par exemple, sont totalement inadaptés à ce besoin. 

Les systèmes de comptage non intrusifs méritent d’être considérés avec attention et nourrissent ce processus itératif d’optimisation des résultats par optimisation de la localisation des points de comptage.

S’inclure dans un tel processus est exigeant pour un prestataire de services énergétiques externe : cela requiert de l’humilité, de la compétence et un dialogue quasi-permanent avec le client. Par contre, les bénéfices pour ce prestataire sont nombreux : il établit une relation nouvelle avec son client, plus proche, plus fidèle, comme le requiert un travail avec les industriels. Il peut également détecter de nombreuses opportunités supplémentaires de services : réduction des pics de consommation, valorisation de la flexibilité…

Quant à l’industriel, il découvre petit à petit, au fur et à mesure de l’optimisation énergétique de son process, que les données énergétiques lui procurent un nouvel angle de vue sur son installation et lui permettent de découvrir de nouvelles pistes de productivité. Ces pistes, davantage que les économies d’énergie elles-mêmes, récompenseront son investissement.

Les données de consommation énergétique acquise sur un process atteignent rapidement des volumes importants. Une fois, et une fois seulement, une première étape d’optimisation du dispositif de comptage gérée avec succès, une fois le dialogue nécessaire à la compréhension et à une première exploitation des données mis en place, il devient indispensable de se doter d’un support logiciel pour tirer un maximum de valeur de cette masse de données.

Les données énergétiques sont riches d’information, non seulement pour réduire les consommations, mais aussi en ce qui concerne l’utilisation et la durée de vie des équipements, la maintenance prédictive nécessaire ou encore le raccourcissement des phases de démarrage ou d’arrêt du process (qui se traduit en productivité directe). Les technologies d’intelligence artificielle donnent un élan à ces plateformes logicielles et ouvrent la voie à des niveaux de performance importants. Mais n’oublions pas qu’elles restent un moyen, support d’un processus de travail qu’il convient de mettre en place par ailleurs.

Ces quelques lignes illustrent la complexité mais aussi la richesse des actions d’efficacité énergétique dans l’industrie. Les premiers prestataires de services qui arriveront à maîtriser cet exercice de haute voltige s’ouvriront un marché important par sa taille et son attractivité.

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