La bataille pour la maîtrise des systèmes énergétiques des bâtiments

Nos esprits ont été formatés par un monde a priori établi autour de concepts simples : l’énergie dans un bâtiment était maitrisée par notre électricien (et donc par les constructeurs de matériels électrique) et par le chauffagiste (et donc par les fournisseurs de solutions de chauffage)

Leur mainmise sur l’énergie du bâtiment s’exerçait toutefois différemment : la distribution électrique est omniprésente dans un bâtiment : l’électricien est donc incontournable en tous lieux ; il touche tous les occupants. Il n’intervient toutefois qu’en cas de travaux, pour renouveler, améliorer ou compéter l’installation. L’évolution des normes, tendant à imposer toujours plus de technologies, lui a assuré une présence régulière.

Les équipements de chauffage sont souvent très localisés et permettent une maîtrise limitée des installations énergétiques globales. Les évolutions technologiques sont moins fréquentes et le rythme de remplacement des installations plus lent. Les chauffagistes ont néanmoins assuré une présence régulière au sein des bâtiments grâce aux contrats de maintenance.

Ce petit monde a consolidé ses positions au fil des temps jusqu’à être la cible de nombreuses ruptures :

  • Le possible recours au courant continu dans les immeubles de bureau pourrait changer la donne pour les électriciens.
  • Le solaire photovoltaïque brise les barrières entre thermique et électricité et contraint de plus en plus d’installateurs à être électricien et chauffagiste
  • Le développement des automatismes et d’une approche intégrée de l’énergie dans les bâtiments demande un enrichissement supplémentaire des compétences.

Les acteurs capables de revendiquer désormais leur place dans la maitrise énergétique des bâtiments sont de plus en plus nombreux :

  • Les producteurs d’électricité par des systèmes locaux (solaire photovoltaïque ou cogénération) ou de chaleur, sont perçus comme point de départ de la diffusion de l’énergie. Ils ont un lien permanent avec les consommateurs via la facturation de l’énergie produite.
  • Les bornes de recharge, installées dans les parkings des bâtiments, détrônent progressivement le chauffage de la position d’application énergétique dominante. Elles sont le point d’entrée, non seulement des fournisseurs de bornes, mais aussi des constructeurs automobiles dont les batteries, associées à la station de recharge, peuvent apparaître comme la base du système énergétique des bâtiments de demain.
  • Les chauffagistes qui installent (et maintiennent) désormais des systèmes de productions d’électricité et de chaleur
  • Les installateurs électriques ne pouvant ignorer PV, stockage et chauffage

Mais aussi

  • Les installateurs de panneaux PV
  • Les sociétés spécialisées dans la rénovation énergétique des bâtiments
  • Les exploitants de services, au sein des bâtiments voire des groupes de bâtiments etc…

Les relations entre constructeurs et installateurs étaient simples : chaque industrie avait son réseau d’installateurs. Aujourd’hui, les installateurs doivent s’adosser à plusieurs constructeurs car leur champ d’action s’est considérablement élargi et les constructeurs doivent être inventifs pour fidéliser et pérenniser son réseau d’installateurs, courtisés de toutes parts.

Attisée par les évolutions technologiques, la lutte pour la maîtrise de l’énergie au sein des bâtiments a commencé entre les nouveaux entrants qui se sentent désormais légitimes et les acteurs historiques qui ont tout à perdre. Pourvu qu’elle donne naissance à un niveau de service et d’optimisation inconnu jusque-là et ne se traduise pas par une baisse de la qualité et de la sécurité !

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